Voyage au Pays de Galles point de vue bénévole

, par  Canal Ti Zef , popularité : 4%

Étant membre du bureau, j’ai eu l’occasion, cette année, de partir avec Marie et Iris, au Pays de Galles pour le voyage de préparation du Festival.
(par Myriam, adhérente, membre du Conseil d’Administration de Canal Ti Zef)

« On a une bonne et une mauvaise nouvelle », c’est comme ça qu’ils m’avaient vendu le truc à la dernière AG, les copains... Ben non, tout va bien, je m’étais proposée pour rejoindre le CA, et ils me désignent pour partir au Pays de Galles ? Mais c’est trop bien !

En effet, ça n’était pas trop mal comme voyage... Avec Marie, nouvelle coordonatrice de CTZ et Iris, en service civique depuis quelques semaines, nous avons quitté Brest le samedi 18 mars avec une grande curiosité pour ce pays que nous ne connaissions pas, malgré sa proximité géographique et culturelle avec la Bretagne.

1ere étape : Roscoff
Le samedi après-midi, nous profitons de venir prendre le bateau ici pour aller rendre visite à notre amie Julie, que tous les habitués du Festival connaissent pour sa bonne cuisine et sa jovialité. Un thé, une promenade jusqu’à la plage avec ses deux chiens, et il est temps de se diriger vers l’embarcadère.
Je vais passer très vite sur cette première traversée, parce que, quoique les navires de la Britanny Ferries soient très confortables, Neptune a décidé cette nuit-là de prendre le nôtre pour une bille de flipper. Si, si, il était là, appuyé, une main de chaque côté de la Manche, et la partie a duré jusqu’au matin, à notre arrivée en baie de Plymouth. Autant dire que je n’ai pas beaucoup dormi.
Nous ne nous sommes pas attardées à Plymouth ce jour-là, pressées de traverser la Cornouailles et de rejoindre Cardiff, où nous avions déjà deux rendez-vous de prévus.
2ème étape : Cardiff

Cela n’a pas été une mince affaire de trouver notre auberge dans une ville où nous n’avions jamais mis les pieds, sans connexion internet dans la voiture, et en étant toutes les trois déjà bien fatiguées. Marie a eu bien du mérite de conduire « du mauvais côté de la route » pour la première fois pendant ce voyage. Iris aussi, d’ailleurs, qui l’a relayée sur la route du retour. De mon côté, j’ai joué au copilote, mais je ne suis pas très douée...
Une fois posées nos affaires, nous nous rendons à notre premier rendez-vous au centre-ville, avec Gerald Conn, un réalisateur de films d’animation qui travaille notamment avec des enfants sur des ateliers vidéo. Nous sentons immédiatement qu’il aurait sa place à l’Intergalactique. Premier rencart : bonne pioche !
Le soir même, nous avons un autre rendez-vous dans un pub de Cardiff, pour rencontrer Alistair Parkhurst, du Cardiff Independent Film Festival. Après nous avoir présenté son festival, qui diffuse des films peu vus dans les circuits habituels à Cardiff, il nous invite à participer à une soirée du Mini Festival de Cardiff, pour que nous fassions de nouvelles rencontres dans le milieu audiovisuel gallois.

Pour finir la soirée, il tient également à nous faire faire une dégustation de bières locales, pour que nous puissions en choisir une à ramener pour l’Intergalactique. Très bonne idée, mais mon estomac ressemble encore un peu à une bille de flipper, je préfère donc décliner l’invitation et laisser mes deux collègues faire le choix d’un doux breuvage à ramener aux Tizéfiens.

Le lendemain matin, nous avons rendez-vous dans une ZAC à l’extérieur de la ville, avec Jen Pappas, de S4C, une chaîne galloise qui diffuse tous ses programmes en gallois (imaginez ça : une télé tout en breton ?). Là, encore, il faut que nous nous égarions dans la zône commerciale, à pieds cette fois, et sous une grosse pluie pas dépaysante... Heureusement, comme nous le vérifierons tout au long de ce voyage, les Gallois sont très sympathiques et accueillants, et nous sommes sauvées par une bonne âme qui, avant de se rendre au travail, prend pitié de ces trois petites Françaises trempées et perdues sur le bord de la route, et nous fait traverser la ZAC en voiture. Après avoir discuté une bonne heure avec Jen, et noté les références de nombreux films, nous profitons que S4C partage ses bâtiments avec l’organisation Ffilm Cymru Wales, sorte de Cinémathèque galloise, et nous rencontrons Nicola, une de ses employés. Certains titres de films se confirment, la liste des contacts se rallonge, et nous partons ravies de ces nouvelles rencontres, de plus en plus enthousiastes pour le prochain Festival. Et ça ne fait que commencer...
3ème étape : Aberystwyth
Le mercredi matin, après 3 jours de pluie à Cardiff, nous constatons avec plaisir que le temps s’améliore. Tant mieux, nous mettons le cap sur notre prochaine étape : la ville d’Aberystwyth, sur la côte ouest du Pays de Galles.

Pour nous y rendre, nous traversons en voiture le parc national de Brecon Beacons, sur une route qui serpente un magnifique paysage de petites montagnes aux sommets parfois enneigés. Notre hébergement à Aberystwyth est un charmant petit gîte où nous nous retrouvons toutes seules, à bouquiner dans la véranda en buvant du thé. Dommage que nous ne restions qu’une nuit. Puisque nous sommes là et que nous avons une soirée de libre, nous retrouvons au pub un jeune breton étudiant à l’université d’Aberystwyth, Talwyn Baudu. Il parle breton, français, anglais, mais malheureusement que peu le gallois. Bon, la quête continue, on finira bien par trouver quelqu’un qui parle breton et gallois...
Le jeudi, cap sur la National Library of Wales, et notamment le service « Screen and Sound Archives of Wales », pour chercher des films d’archive sur le Pays de Galles. La bibliothèque nationale du Pays de Galles est l’équivalent de la BNF pour le Pays de Galles, c’est-à-dire qu’elle est responsable du dépôt légal pour les œuvres galloises, livres, revues, œuvres et documents audiovisuels, peintures, etc. mais elle rassemble aussi toutes les œuvres et documents ayant un intérêt patrimonial pour la région. Les deux bibliothécaires que nous rencontrons sont ravies de nous proposer une (longue) liste de films à étudier pour notre programmation. (On va finir par s’habituer à être reçues à bras ouverts si ça continue... dites, on n’est pas le festival de Cannes, cômeum, vous savez ?) Après mûres recherches et réflexions, nous décidons de choisir des films d’archive pour un ciné-concert. Cap donc sur les ordinateurs disponibles pour visionner les courts-métrages documentaires gallois du « Screen and sound archives ». On en préselectionne une partie, et on repart (après avoir été invitées pour le thé, j’allais oublier... c’est pourtant là qu’on a découvert les fameux « Welsh cakes »...). La route longe cette fois la côte vers le nord. Avant de nous rendre dans la baie de Colwyn pour notre prochaine étape, nous nous arrêtons dans un pub de Caernarfon pour rencontrer Lleuwen Steffan, une comédienne galloise vivant en Centre Bretagne, et qui parle couramment gallois et breton. On savait qu’on trouverait quelqu’un qui parle les deux langues ! Et voilà comment je me retrouve à discuter en breton avec une Galloise, dans un pub au beau milieu du Pays de Galles... Le soir on rejoint notre hotel à Colwyn, sur la côte nord du Pays de Galles.
4ème étape : Colwyn Bay

En faisant des recherches sur internet pour la préparation du Festival, Marie avait trouvé des informations sur l’association TAPE et le Coastline Film Festival, basés dans cette ville. Entre un festival de films peu diffusés dans la région, des ateliers vidéo avec des participants de toute sorte (jeunes en réinsertion, personnes handicapées, habitants de villages isolés, etc.) et la réalisation de films avec des équipes mêlant professionnels et amateurs, cette association semble bien être la cousine galloise de Canal ti zef. C’est avec une grande hâte que nous nous rendons donc le vendredi matin à notre rendez-vous avec Steve Swindon, le « CEO » de l’association. Après un accueil chaleureux, il nous fait visiter leurs locaux, attenant à une ancienne église transformée en centre culturel. Une (grande) salle de cinéma (avec des vrais sièges rouges dedans) et de théâtre (l’association propose aussi des ateliers de théâtre et des concerts), des bureaux, une cuisine, une salle de montage vidéo, un... studio d’enregistrement ! Et oui, ils enregistrent la bande son de leurs films, et loue le studio aux jeunes du coin qui en ont besoin. Et nous, on crève d’admiration et de jalousie... Plus nous discutons avec Steve, plus nous sommes sûres de vouloir inviter TAPE à participer à l’Intergalactique. Il nous propose donc de revenir dans la soirée pour une projection privée du film British Winters, produit par TAPE, écrit et réalisé par un des membres de l’association, et encore en cours de mixage à ce moment-là. Ce long-métrage a été réalisé par une équipe presque exclusivement non-professionnelle, regroupant des habitants de la région. En attendant notre projection privée, nous allons nous promener sur la plage de Colwyn, face à un gigantesque champ d’éoliennes planté en mer.

Le soir c’est Andrew Turner, le scénariste, réalisateur et acteur principal du film British Winters et sa femme Sarah qui nous reçoivent à TAPE pour nous présenter le film tant attendu. Nos hôtes sont naturellement un peu stressés à l’issue de la projection, mais nous sommes séduites. Faire un film d’une telle qualité avec une équipe d’amateurs, chapeau ! Nous terminons la soirée au pub avec Sarah et Andrew, pour discuter de Brexit, de Trump, de cinéma, d’Europe... Et nous nous promettons de nous revoir bientôt, de préférence sous un chapiteau du « Port de co’ » à Brest début octobre prochain.
C’était le dernier de nos rendez-vous.
On a donc tout le temps de redescendre en direction de Plymouth le samedi, pour dormir dans une auberge de jeunesse près du centre ville.
5ème étape : une journée de promenade à Plymouth. Le quartier portuaire du Barbican est très agréable pour se promener, même si c’est un peu la foule en ce dimanche de fête des mères ensoleillé. Nous nous posons d’abord dans un resto proposant des « english breakfast », burgers, et surtout la wifi, ce qui nous permet de consulter une dernière fois les archives de films gallois sur le site British on Films, uniquement accessible à l’intérieur du pays. Il nous reste encore une partie de l’après-midi pour prendre un thé dans le jardin d’un salon de thé, lire un peu et nous promener le long des remparts, avant de retourner en direction de la Brittany Ferries et d’embarquer pour la nuit sur un nouveau ferry. Cette fois-ci, RAS pour la traversée. Et de retour à Brest dans la matinée de dimanche.

Voir en ligne : TAPE

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